Un pèlerinage hésitant à travers la contrée de connaissances étrangères: M. Niculescu, l’autruche et l’archéologie culturelle-historique  Cover Image
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Un hagialâc şovăielnic prin tărâmul unor cunoştinţe străine: d-l Niculescu, struţul şi arheologia cultural-istorică
Un pèlerinage hésitant à travers la contrée de connaissances étrangères: M. Niculescu, l’autruche et l’archéologie culturelle-historique

Author(s): Florin Curta
Subject(s): History
Published by: Editura Istros - Muzeul Brailei

Summary/Abstract: Dans un article publié en 2011 dans la revue Dacia de l’Institut d’Archéologie « Vasile Pârvan » de Bucarest, Gh. A. Niculescu adopte une attitude critique envers l’école d’archéologie culturelle-historique. A son avis, Sebastian Brather et Florin Curta illustrent la manière dont l’éducation que les deux avaient reçue, dans une certaine tradition de recherche préoccupée à identifier les peuples anciens, avait influencé leur façon d’utiliser les connaissances puisées dans les sciences sociales. Si, aux yeux de M. Niculescu, Brather jouit de l’appréciation pour avoir sérieusement transformé la tradition de recherche tout en utilisant ses propres principes, notamment de meilleures définitions et méthodes, le même M. Niculescu est d’avis que Curta ne fait que continuer à utiliser les mêmes méthodes que celles d’avant son autoproclamée conversion à une nouvelle conception sur l’ethnicité dépourvue de nuances nationalistes. A son tour, M. Niculescu, par une confession subite, admet avoir été lui-même élevé dans la tradition de l’archéologie culturelle-historique, mais il prétend avoir déjà dépassé de telles erreurs. Le présent article est une tentative de corriger l’image déformée que l’article de M. Niculescu projette, tout en mettant en évidence les erreurs fondamentales de sa démarche. Dans l’opinion de M. Niculescu, les archéologues ne voient pas tout ce qui est à voir, mais seulement ce que leur éducation d’archéologues leur a appris à voir. Malheureusement, il ne nous dit pas comment on pourrait voir mieux. Selon Gh. A. Niculescu, l’archéologie culturelle-historique est « une tradition de recherche basée sur le paradigme ethnique », dans laquelle le principal instrument conceptuel est la notion de culture archéologique. Mais M. Niculescu oublie le fait que la démarche culturelle-historique nie ce que, dans l’anthropologie contemporaine, on appelle agency – la capacité des gens de prendre des décisions dans leur propre intérêt historique. M. Niculescu voudrait nous faire croire que la typologie est aussi nuisible que la démarche culturelle-historique, tandis qu’en réalité, la typologie n’est qu’un instrument, à vrai dire une méthode de classification selon certains critères choisis au préalable. Gh. A. Niculescu est convaincu que l’ethnicité, en tant que phénomène de la vie quotidienne, n’est pas une réalité de l’Antiquité récente, mais seulement ce que nous voyons de nos propres yeux, dans un monde où les modalités de penser et d’agir sont communiquées par mass-média et le système d’éducation organisé par l’Etat. L’idée conformément à laquelle l’ethnicité n’aurait pas existé dans l’Antiquité récente serait certainement à débattre par des historiens tels Michael Maas, Patrick Geary ou Walter Pohl. Quant à moi, pour la croire, j’aurais besoin de quelque chose de plus qu’une simple affirmation. Autrement dit, l’idée devrait être démontrée avant d’être acceptée comme telle. M. Niculescu met aussi un signe d’égalité entre le style et la démarche c

  • Issue Year: 20/2014
  • Issue No: 1
  • Page Range: 907-925
  • Page Count: 19