THE ROLE OF FRANCE IN THE NEGOTIATIONS BETWEEN ILIJA GARASANIN AND THE PORTE IN 1861 ON THE POSITION OF MUSLIMS IN SERBIA Cover Image

УЛОГА ФРАНЦУСКЕ У ПРЕГОВОРИМА ИЗМЕЂУ ИЛИЈЕ ГАРАШАНИНА И ПОРТЕ 1861. ГОДИНЕ О ПОЛОЖАЈУ МУСЛИМАНА У СРБИЈИ
THE ROLE OF FRANCE IN THE NEGOTIATIONS BETWEEN ILIJA GARASANIN AND THE PORTE IN 1861 ON THE POSITION OF MUSLIMS IN SERBIA

Author(s): Uroš Tatić
Subject(s): Cultural history, Political history, Social history, 19th Century, Sociology of Religion, History of Religion
Published by: Матица српска
Keywords: France; Serbia; the Sublime Porte; Ilija Garašanin; Lavalette; Prince Mihailo; Hatti- -sherif of 1830; Hatti-sherif of 1833;

Summary/Abstract: De novembre 1860 à mars 1861, afin d’examiner les dispositions des puissances garantes envers la promulgation des lois qui renforceraient la situation étatique et juridique de la Serbie, l’émissaire spécial Jovan Marinović accomplit une mission auprès des grandes cours européennes. Peu après son retour, en avril 1861, le prince Mihailo Obrenović prit la décision d’envoyer à Constantinople Ilija Garašanin, homme d’État plein d’expérience. Le soutien de la Russie et de la France rendit plus pressant encore le désir du Prince de résoudre les questions laissées en cours dans les négociations directes avec la Porte. L’envoyé du Prince avait pour mission de présenter au gouvernement de Constantinople la question du placement sous juridiction serbe de tous les Turcs qui vivaient en Serbie hors des forteresses. La volonté de Mihailo de s’entourer d’hommes de confiance dans le domaine de la politique étrangère lui fit choisir Garašanin. Le retour de Garašanin aux affaires de l’État serbe ne lui fut pas seulement dicté par la grande expérience de celui-ci, mais aussi grâce à l’avis des gouvernements de Saint-Pétersbourg et de Paris qui voyaient en lui l’un des hommes politiques serbes les plus capables. La décision de Mihailo fut la conséquence de la mission de Marinović. Des récents entretiens de cet émissaire avec des hommes d’État russe et français, le Prince conclut qu’il pouvait compter sur leur appui pour résoudre la question de la situation des musulmans en Serbie. Édouard Thouvenel, ministre français des Affaires étrangères, considérait comme incontestable le droit du Prince de gouverner toutes les parties du territoire serbe et d’avoir sous son autorité toute la population située en dehors des forteresses. Ce droit provient notamment du Hatti-chérif de 1830 qui interdit sans condition aux musulmans, à l’exception des garnisons dans les villes, de séjourner en Serbie. Le ministre promit à Marinović le soutien du gouvernement français quand le Prince soumettrait cette demande à la Porte. Cependant, il est intéressant de noter que Thouvenel était opposé à la réclamation serbe disant que les Turcs devaient être évacués de la Principauté. Les représentants étrangers à Belgrade considéraient que le choix de Garašanin avait été influencé par le gouvernement des Tuileries. Il ne s’agissait pas ici seulement de la réputation personnelle de l’homme d’État serbe, mais aussi de celle de la France, directement intéressée par le succès des négociations. Les premiers pourparlers avec les représentants des puissances garantes montrèrent clairement que la Serbie allait surtout pouvoir compter sur le soutien de l’ambassadeur français, le marquis de Lavalette. En renonçant à sa demande précédente requérant l’évacuation des musulmans de Serbie, le gouvernement de Belgrade adopta pleinement l’attitude de Thouvenel exprimée lors d’une récente conversation avec Marinović à Paris. Il pouvait donc compter sur le soutien de la France en ce qui concerne la proposition d’établir une juridiction serbe sur les Turcs qui vivaient hors des forteresses. Pendant toute la durée des négociations, l’ambassadeur français fit preuve d’un grand engagement personnel afin de donner suite à la demande serbe.

  • Issue Year: 2022
  • Issue No: 105
  • Page Range: 35-55
  • Page Count: 21
  • Language: Serbian
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